Justice pour adultes ou pour adolescents : quelles sont les différences?

Un adolescent qui commet un vol, une agression ou un meurtre est-il jugé selon les mêmes règles qu’un accusé adulte? Son procès se déroule-t-il différemment? Et peut-il recevoir la même peine qu’un adulte?

Le système de justice pénale pour adolescents partage plusieurs règles avec celui des adultes, mais il prévoit aussi des mesures particulières pour les jeunes de 12 à 17 ans.

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La même infraction, un cadre différent

Lorsqu’une personne commet une infraction criminelle, les juristes se réfèrent au Code criminel pour savoir quelle infraction a été commise et quelles règles s’appliquent. Il n’existe pas un Code criminel pour les adultes et un autre pour les adolescents : c’est le même Code criminel qui s’applique aux deux.

Par exemple, un adolescent qui commet un vol peut être accusé de vol en vertu du Code criminel, tout comme un adulte. Le fait d’avoir moins de 18 ans ne change donc pas la nature de l’infraction ni le chef d’accusation.

C’est plutôt la façon dont le dossier sera traité qui diffère entre le système de justice criminel pour adultes et celui pour adolescents.

Lorsqu’une infraction criminelle est commise par un adolescent âgé de 12 à 17 ans, la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) prévoit des règles particulières qui s’appliquent à son dossier. Elle encadre notamment le traitement de son dossier dans le système judiciaire, les peines qui peuvent lui être imposées et la protection de son identité.

Pourquoi un système particulier pour les adolescents?

La différence entre les deux systèmes repose notamment sur une idée centrale : un adolescent n’a pas nécessairement le même degré de maturité et de responsabilité qu’un adulte. Sa culpabilité morale est donc considérée comme moins élevée.

Cela ne signifie pas que les adolescents échappent aux conséquences de leurs gestes. La réponse à l’infraction doit plutôt être adaptée à leur âge, à leur situation et à la gravité du geste commis.

La LSJPA vise aussi la protection du public. Un adolescent qui reçoit l’aide et l’encadrement nécessaires pour modifier son comportement est moins susceptible de récidiver à l’âge adulte.

Le procès : des règles communes

On entend parfois parler d’un « procès pour mineur ». Pourtant, les procès d’accusés adultes ou d’accusés adolescents sont menés de la même façon.

Les règles de preuve et plusieurs règles de procédure sont les mêmes. L’adolescent bénéficie toutefois de certaines protections particulières prévues par la LSJPA.

Par exemple, des règles encadrent les déclarations qu’un adolescent fait à un policier ou à une autre personne en situation d’autorité. Avant qu’une telle déclaration puisse être admise en preuve dans certaines circonstances, l’adolescent doit notamment avoir été informé de ses droits et avoir eu la possibilité de consulter un avocat et un parent ou un autre adulte approprié.

La grande différence entre les deux systèmes se trouve surtout dans la peine qui peut être imposée au contrevenant.

Les peines : une réponse adaptée à l’adolescent

Lorsqu’un adulte est déclaré coupable, sa peine est déterminée selon les règles de droit applicables aux adultes.

Pour un adolescent, le tribunal doit plutôt imposer une peine prévue par la LSJPA. Cette peine doit être proportionnelle à la gravité de l’infraction et au degré de responsabilité de l’adolescent.

Les peines pour adolescents sont généralement moins sévères que celles prévues pour les adultes et elles sont davantage individualisées. La loi ne prévoit pas de peines minimales obligatoires pour les adolescents.

Par exemple, pour un meurtre au deuxième degré, la peine maximale applicable à un adolescent est de sept ans, dont une partie peut être purgée sous garde et l’autre dans la collectivité sous surveillance, alors que la peine maximale pour un adulte est l’emprisonnement à vie.

Dans des circonstances exceptionnelles, un adolescent peut cependant être assujetti à une peine applicable aux adultes. Cette possibilité n’est pas automatique, même lorsqu’il s’agit d’une infraction très grave. Le procureur doit convaincre le tribunal de la nécessité d’imposer cette peine.

Pourquoi l’identité d’un adolescent est-elle protégée?

Le plus souvent, les audiences judiciaires sont publiques. Toutefois, la LSJPA prévoit une règle particulière pour protéger les adolescents : il est généralement interdit de publier leur nom ou toute information permettant de les identifier lorsqu’ils sont visés par une procédure relevant de cette loi.

Cette règle s’applique aux médias, mais aussi à toute autre personne. Par exemple, publier sur Facebook le nom d’un adolescent qui est accusé est interdit et peut devenir une infraction criminelle au sens de la LSJPA.

Cette protection vise à éviter qu’une erreur commise pendant sa jeunesse entraîne des répercussions sur l’avenir de l’adolescent. Elle s’inscrit dans l’approche de réadaptation prévue par la LSJPA.

À retenir

Le système de justice pour adultes et celui pour adolescents ont plusieurs points en commun. Les infractions prévues au Code criminel sont les mêmes et le procès repose sur plusieurs règles communes.

La différence se trouve principalement dans la façon dont la justice tient compte de l’âge de la personne au moment où l’infraction a été commise. Les adolescents font l’objet de règles particulières, notamment pour la détermination de la peine et la protection de leur identité.

Parce qu’il est supposé qu’un adolescent qui commet une infraction est encore en développement, la justice cherche à lui donner les moyens de changer de trajectoire. L’objectif est qu’il puisse tirer des leçons de ses gestes, se réadapter et reprendre sa place dans la société.

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