En quoi consiste le travail d’un procureur en dehors de la salle de cour?

Lorsqu’on pense à un procureur aux poursuites criminelles et pénales, on imagine souvent les audiences devant le tribunal : les interrogatoires de témoins, les contre-interrogatoires ou les plaidoiries. Pourtant, ces moments ne représentent qu’une partie de son travail.

Avant qu’une cause ne soit entendue et entre deux audiences, le procureur consacre une grande partie de son temps à préparer les dossiers dont il est responsable. Plusieurs de ces tâches sont essentielles au bon déroulement des procédures judiciaires, même si elles demeurent invisibles pour le public.

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Avant de prendre une décision ou de se présenter devant le tribunal, le procureur doit connaître son dossier en profondeur.

Il examine l’ensemble de la preuve recueillie par les policiers : déclarations de témoins, rapports d’enquête et d’expertise, vidéos, photographies, éléments matériels et tout autre document pertinent. Cette analyse lui permet notamment d’évaluer si la preuve est suffisante pour autoriser une poursuite et de déterminer les accusations qui peuvent être déposées.

L’analyse de la preuve ne s’effectue pas en une seule étape. À mesure que de nouveaux éléments sont obtenus, le procureur doit réévaluer le dossier pour s’assurer que les décisions prises demeurent conformes à la preuve disponible.

Les procureurs travaillent régulièrement avec les policiers et les enquêteurs.

Ils répondent à leurs questions juridiques, discutent de certains éléments de preuve et peuvent demander des compléments d’enquête lorsque des informations supplémentaires sont nécessaires. Cette collaboration permet de s’assurer que le dossier est le plus complet possible durant les différentes étapes du processus judiciaire.

Lorsqu’une personne est appelée à témoigner, le procureur peut la rencontrer avant l’audience afin de lui expliquer le déroulement des procédures.

Le procureur peut également rencontrer certaines personnes victimes à d’autres moments du processus judiciaire. Par exemple, les procureurs rencontrent les victimes de violence sexuelle et les victimes âgées de moins de 18 ans avant d’autoriser une poursuite, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Dans les dossiers de violence conjugale, ils rencontrent les victimes dès que possible après le dépôt des accusations et, dans tous les cas, avant le jour de leur témoignage.

Ces rencontres permettent notamment de présenter le rôle des différents intervenants, d’expliquer comment se déroulera le témoignage et de répondre aux questions sur le processus judiciaire. Elles ne servent toutefois pas à répéter un témoignage ou à dire à une personne quoi répondre devant le tribunal.

L’objectif est que les témoins et les personnes victimes comprennent le déroulement des procédures et puissent témoigner en sachant à quoi s’attendre.


Chaque audience exige une préparation importante.

Le procureur révise la preuve, effectue des recherches juridiques, consulte la jurisprudence applicable, prépare les témoins qui seront appelés à comparaître et planifie le déroulement de la preuve qui sera présentée au tribunal.

Selon le type de dossier, cette préparation peut représenter plusieurs heures, voire plusieurs jours de travail.

Une gestion quotidienne

Au quotidien, un procureur mène de front plusieurs dossiers qui évoluent simultanément.

Au cours d’une même journée, il peut analyser un nouveau dossier transmis par les policiers, rencontrer une personne victime, participer à une conférence préparatoire, travailler sur un procès à venir et se présenter au tribunal pour une autre affaire.

Cette gestion exige une bonne organisation, puisque chaque dossier comporte ses propres échéances, enjeux et obligations.

La fonction exige donc rigueur juridique et capacité d’adaptation. La salle d’audience est sans doute l’endroit où le travail d’un procureur est le plus visible. Pourtant, une grande partie de son quotidien se déroule ailleurs : en train d’analyser de la preuve, en rencontre avec une personne victime, au téléphone avec un enquêteur ou en préparation d’un procès. Une chose demeure constante : aucune journée ne ressemble tout à fait à la précédente.


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